Griet, une femme forte, parle de son mur de béton et de sa résurrection.

Sterke vrouw Griet vertelt over haar betonnen muur en herrijzenis

Vous trouverez ci-dessous l'intégralité de l'interview d'Annemie avec Griet. Découvrez comment Griet a surmonté ses difficultés et comment elle a retrouvé sa force intérieure. Elle aborde désormais la vie avec enthousiasme et optimisme. Retour à l'essentiel : prendre soin de ses proches, privilégier sa santé et se considérer comme son propre meilleur ami. La vulnérabilité est aussi une grande force. Griet est une femme d'une grande force.

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Annemie : Salut Griet, tu m'as écrit que tu t'étais heurtée à un mur l'année dernière — au sens figuré. Ce qui veut dire en réalité que j'ai eu un échec.

Griet : Oui, c'est exact. « S'écraser », c'est un mot très fort, n'est-ce pas ?

Annemie : « S'écraser » est un mot fort, « un mur de béton » aussi. Donc c'était vraiment intense ?

Griet : Oui, il était vraiment midi et cinq. C'était le signal de mon corps qui disait : « On ne va plus continuer comme ça, on va s'arrêter là. »

Annemie : Et quels signaux votre corps a-t-il commencé à vous envoyer ?

Griet : Je n'arrivais plus à dormir. J'étais épuisée, mais je voyais les heures défiler. Et puis, le stress montait encore plus quand on voyait 1 h, 2 h, 3 h du matin et qu'on se disait : « Il faut que je me lève à 6 h. » Du coup, impossible de me reposer, ce qui a dû mettre mon corps en surrégime. C'est pour ça qu'il a commencé à m'envoyer des signaux d'alarme, parce que dans ma tête, tout allait bien. Je crois que je tenais le coup uniquement grâce à ma volonté. J'avais aussi l'impression d'être un peu dans le brouillard.

Annemie : Que veux-tu dire par « il y a eu du brouillard autour de toi » ?

Griet : Oui, c'était la confusion. Je l'ai vécu moi-même, comme se réveiller ivre et se coucher ivre. C'était très pénible, car dans ma bulle, ça allait, mais au milieu des autres, ça empirait. J'avais le trac et des crises de panique, ce qui, bien sûr, ne faisait qu'empirer les choses.

Annemie : Vous aussi, vous avez commencé à avoir l'impression qu'un brouillard s'était dissipé autour de vous et des autres ?

Griet : Oui, tout est très flou. Ne plus être sur ses gardes, ne plus pouvoir se connecter aux choses. Oui, être prisonnier d'un corps qui ne permet plus de s'exprimer.

Annemie : C'est effrayant, n'est-ce pas ? Parce que vous travaillez dans une entreprise, à un poste à hautes responsabilités. Vous êtes très vigilante, vous maîtrisez la situation et vous aimez cela, et soudain, vous ne pouvez plus autant compter sur vous-même et votre corps.

Griet : Non, en effet : j'ai perdu le contrôle. Moi, une perfectionniste, j'ai toujours tout sous contrôle. Ma vie se résumait à une succession d'activités, à « faire ceci et cela à telle heure ». À un moment donné, j'ai senti que je devais accélérer le rythme pour retrouver la sérénité, alors je me suis résignée à l'idée de devoir continuer sans cesse, en m'accordant des moments de repos. Mais tout a basculé, car cela n'a fait qu'accroître mon agitation, tant professionnelle que personnelle. Et c'est pour ça que c'est arrivé.

Annemie : Et ce mur de béton dont tu parles : est-ce simplement l'effondrement du système, un moment où l'on se dit « c'est là que ça s'arrête, c'est là que tout devient noir » ?

Griet : Oui, maintenant je perds connaissance. Avec le recul, je suis très heureuse que mon corps m'ait alertée, car le corps est un instrument précieux qu'il faut chérir. Si mon corps ne m'avait pas donné l'alerte, je ne sais pas où je serais devenue. Alors, de ce point de vue, j'en suis très contente, rétrospectivement. Mais on ne s'en rend pas compte tout de suite, n'est-ce pas ?

Annemie : C'étaient des signes avant-coureurs, mais tu ne les as pas vus pendant longtemps, n'est-ce pas ?

Griet : Non, peut-être que les signaux étaient clairs pour les autres ? Pour ceux à qui c'était arrivé, c'était évident. Mais j'ai choisi de les ignorer : « Ça ne m'arrivera pas. » En tant que femme qui a réussi par elle-même, ce n'était pas envisageable. Alors, je suis effectivement restée très longtemps dans le déni.

Annemie : Parce que tu étais forte, que tu maîtrisais la situation et que tu allais trouver une solution. De nos jours, on parle souvent de burn-out. Utiliserais-tu ce terme ?

Griet : C'est un terme très dur pour moi.

Annemie : Pourquoi ?

Griet : Euh, toute forme de vulnérabilité s'accompagne d'une étiquette très dure. J'ai toujours préféré parler de « pause ». Mais il m'a fallu plusieurs mois avant d'adopter ce terme. Mon entourage préférait aussi ne pas en parler. Mais quand mon mari m'en parlait, il disait toujours « ta pause ». Il respectait vraiment cela, car il sentait aussi combien c'était difficile pour moi de l'exprimer. Pour moi, c'était une étiquette vraiment difficile à porter. Vraiment très difficile.

Annemie : Oui, je comprends. Le mot « temps mort » a aussi une signification ; c’est une période définie. Mais comme vous l’avez dit au départ : un mur de béton. C’est une expression forte, n’est-ce pas ? Imaginez-vous vous cogner contre un mur de béton. C’est un coup dur.

Griet : Oui, et on ne s'en rend compte qu'après coup. Je ne m'en étais pas aperçue sur le moment ; pour moi, c'était comme une hibernation. La convalescence a d'ailleurs été très lente.

Beaucoup de recherches : pourquoi cela m’arrive-t-il et comment puis-je reprendre le fil ? En fait, il s’agit de plonger sous l’eau, de remonter à la surface et de voir de quels outils je dispose pour redevenir celui que j’étais. C’est ainsi que je voulais être.

Annemie : Pour rester dans cette image : tu es complètement sous l'eau, tu remontes à la surface, tu as survécu, tu n'as pas succombé. Mais comment reprends-tu ta vie en main ? Comment as-tu fait ?

Griet : Une question essentielle pour moi était : qu'est-ce qui me donne de l'énergie ? Même quand je suis fatiguée, qu'est-ce qui me procure une énergie débordante ? J'ai alors commencé à m'intéresser à mon corps, car il était évidemment épuisé. Ma flore intestinale n'est pas au top, alors j'ai vraiment commencé à m'y intéresser de près. J'ai lu des livres sur l'importance de l'intestin ; il est lié au système immunitaire, à la beauté de la peau et au cerveau. De nos jours, on sous-estime vraiment l'importance d'être en bonne santé intérieure. Car cela se reflète indéniablement à l'extérieur.

Annemie : Oui, c'est exact. Il s'avère, récemment, que les intestins sont bien plus importants qu'on ne le pensait. On pense vite au cœur et au foie, mais les intestins sont eux aussi essentiels. C'était donc une découverte importante !

Griet : Oui, c'est vrai. Et j'ai aussi réalisé ce que je ne voulais plus. J'avais l'impression qu'il me manquait quelque chose, et je pensais pouvoir y remédier en achetant des objets. Je croyais que ça me rendrait heureuse, mais ce n'étaient que des instants de bonheur éphémères.

Annemie : C'est donc vrai ; il semblerait que s'acheter quelque chose procure effectivement un sentiment de bonheur. Une hormone appelée sérotonine est libérée. Mais ce sentiment de bonheur est très éphémère. Et intérieurement, cela ne crée pas plus de bonheur. Cela donne juste un petit coup de fouet : « Waouh, c'est sympa ! »

Griet : Oui, et j'y croyais dur comme fer ! « Ceci mène à ceci, et cela mène à cela. » Mais bon, je suis marketeuse, alors je devrais savoir que c'est parfois du jargon marketing. Malgré tout, il fallait bien que je me fasse plaisir de temps en temps, et du coup, j'achetais tout ce qui me tombait sous la main.

Annemie : Et vous avez fait beaucoup d'achats en ligne ?

Griet : Euh, parfois. Du coup, je gardais des choses dont je n'avais pas besoin. Puis je me disais : « Oh, et si je le renvoyais ? On va le garder. » Même si ce n'était pas nécessaire. Et je tiens à souligner que vous n'avez pas Les biens matériels sont nécessaires au bonheur. Désencombrer apporte tellement de paix et de l'espace dans votre tête. Et ce que je fais en ce moment, c'est vraiment regarder, qu'est-ce que j'ai Est-ce nécessaire ? Je recherche consciemment cet objet et je ne me laisse plus surcharger. À cause de tout ce qui m'entoure. Et je ne regarde que ce qui est bon pour moi en ce moment.

Annemie : Donc on peut désapprendre ça, ce sentiment de combler un vide en soi ? On peut désapprendre ça.

Griet : Oui, c'est exact.

Annemie : Qu'as-tu appris d'autre sur toi-même ?

Griet : Je recherchais vraiment cette reconnaissance car, étant perfectionniste, je ne pouvais plus me forcer à l'accepter. Et puis je me suis dit : « Comment puis-je plaire davantage aux autres tout en obtenant cette reconnaissance pour moi-même ? »

Annemie : Ah oui, c'est tellement agréable de faire plaisir aux autres, de leur procurer du plaisir pour se sentir bien ainsi.

Griet : Oui, c'est vrai. Et parfois, cela allait à l'encontre de mes valeurs et de mes principes. Mais j'ai continué, et d'une certaine manière, c'est le message que je veux transmettre : soyez toujours vous-même.

Annemie : Oui, et pouvez-vous donner un exemple concret ? De comportement visant à plaire aux autres.

Griet : Par exemple : les moments importants partagés par mon entourage. J'ai commencé à les noter dans mon agenda pour ne pas les oublier. Et puis, malgré tout, je les ratais, et je recevais leurs commentaires après coup. Et là, je me sentais tellement mal, genre : « Je ne l'ai pas fait ou j'ai oublié. »

Annemie : Oui, par exemple mon anniversaire, que tu oublierais mon anniversaire.

Griet : Oui, comme l'anniversaire de ma filleule. C'était noté dans mon agenda, et pourtant j'ai eu son retour en premier. Et j'ai eu un peu l'impression d'avoir échoué.

Annemie : Oui, mais tu étais très stricte envers toi-même, et tu t'en es rendu compte.

Griet : Oui, je suis stricte et perfectionniste. Et c'est quelque chose que je vais devoir lâcher prise un peu.

Alors j'ai commencé à chercher comment j'allais concrètement m'y prendre.

Annemie : Oui, parce que ça ne me paraît pas facile non plus, si c'est comme ça que tu es. On ne peut pas devenir quelqu'un d'autre, n'est-ce pas ?

Griet : Oui, c'est exact, mais je connais maintenant mes pièges. Je les ai très clairement et visuellement en tête. Et chaque fois que je sens que je retombe dans l'un de mes pièges, je suis capable de mieux le détecter. Et alors, je suis mieux à même de me remettre sur le bon chemin, car je sais le chemin parcouru et je sais que je ne veux pas redevenir celle que j'étais à l'époque.

Annemie : Apparemment, c'est aussi un long processus d'introspection et d'analyse personnelle. L'as-tu fait seule, ou as-tu cherché de l'aide auprès d'un professionnel ou d'un thérapeute ?

Griet : Oui, bien sûr. J'ai un soutien formidable grâce à mon travail et à mon mari. Mes collègues et ma famille. Absolument, et c'est indispensable, évidemment.

Annemie : Est-ce important ?

Griet : Absolument, surtout pour éviter de se laisser influencer par les préjugés. Être vulnérable est en réalité assez difficile, surtout pour une personne perfectionniste, mais c'est aussi quelque chose de très beau. Car chacun porte quelque chose en soi. Et quel que soit le jugement, si l'on parvient à être vulnérable, c'est une chose magnifique et la voie à suivre.

Annemie : Donc, en fait, votre vulnérabilité est aussi votre plus grande force ? Si vous parvenez à la surmonter, vous devenez plus forte.

Griet : Oui, et c'est bien de s'ouvrir et d'être soi-même. On n'est pas obligé de se conformer pour s'intégrer. C'est plus authentique d'être soi-même que de suivre le troupeau.

Annemie : Et était-ce difficile d'être soi-même ou de se retrouver ?

Griet : Oui, c'était très difficile.

Annemie : Et comment aborde-t-on cela ? Existe-t-il des outils concrets pour cela ?

Griet : Pas vraiment, mais, chose inhabituelle, je savais ce qui me donnait de l'énergie. Alors j'ai commencé à y réfléchir : je me suis toujours fait passer en dernier. Et maintenant, je me suis dit : « Je vais commencer par moi. » Je vais simplement me mettre en premier et voir ce qui me donne de l'énergie. De quoi ai-je vraiment besoin dans ma vie ? Pour moi, c'est découvrir de nouvelles choses, par exemple. Quand je voyage, de nouveaux endroits et de nouveaux plats. Rencontrer de nouvelles personnes aussi, juste parler à des inconnus dans la rue. J'avais vraiment le temps de parler aux gens à l'époque ; sinon, je n'aurais fait que pédaler. J'avais un voisin un peu âgé et moins mobile, et il prenait toujours un moment pour bavarder avec moi. Ça me faisait un bien fou. C'était donc quelque chose que je voulais absolument chérir. J'aime aussi les couleurs ; je préfère ne pas être une souris grise, alors tout ce qui est coloré, je l'achète sans hésiter. J'aime la culture, l'art, la belle mode, les plaisirs de la vie. Savourer les petites choses.

Annemie : On dit que la beauté est synonyme de confort, mais la beauté est-elle si importante ?

Griet : La beauté est-elle importante ? Je pense que, aussi belle soit-on extérieurement, si notre beauté intérieure ne se reflète pas, on s'en aperçoit vite. Une personne belle intérieurement n'a pas besoin de vêtements neufs. Et elle rayonne de beauté.

Annemie : Vous avez aussi parlé d'art et de culture. C'est aussi une forme de beauté, et cela peut apporter du réconfort. Qu'y trouvez-vous ?

Griet : J'aime particulièrement les beaux tableaux, par exemple. Chez moi, j'adore les couleurs d'Ibiza ; ma maison est pleine de couleurs car elle est baignée de soleil. L'art et la culture font aussi partie de nos activités principales. C'est quelque chose qui enrichit vraiment la vie.

Annemie : Du coup, on commence vraiment à faire attention à s'entourer de ces choses et à faire ces choses.

Griet : Oui, et surtout le dernier point important, c'était mes copines.

Annemie : L'amitié est importante ?

Griet : Oui, l'amitié est incroyablement importante. On ne se voit pas souvent, mais grâce à ma pause, on a commencé à se voir de plus en plus. Et ça veut aussi dire qu'il faut chérir ces personnes. Ces amitiés sont inestimables. J'ai tellement reçu, et je n'ai rien à rendre. Et puis, commencez votre week-end dès le vendredi, car ça porte vraiment ses fruits le lundi. Faites des projets, et ça ne fera que prolonger votre week-end.

Annemie : Attends, attends, tu donnes plein de conseils, haha, et à une vitesse folle ! D'abord, faisons une pause. Chérissez vos amis, et dites à vos copines : chérissez l'amitié.

Griet : C'est quelque chose que j'ai peut-être un peu perdu de vue : tout le monde est pris par le travail, et puis il y a eu la COVID, donc tout a été un peu reporté. Mais quand on a eu besoin de se parler, on a toujours été là les uns pour les autres.

Annemie : Donc tes amis étaient là quand tu étais au plus mal ?

Griet : Oui, dès la première semaine.

Annemie : Oui, c'est super important, n'est-ce pas ? Mais je trouve aussi votre conseil suivant très intéressant : vous dites « commencez votre week-end le vendredi ». Ce qui revient à dire que ce n'était pas votre habitude ?

Griet : J'étais contente que ce soit vendredi soir, que mon canapé m'appelle et qu'un verre de vin me fasse de l'œil. Mais malgré la fatigue, j'ai puisé plus d'énergie dans le travail, même si ce n'était qu'une simple rencontre, un déjeuner ou un rendez-vous en soirée. J'aimerais vraiment que ce vendredi soir reste comme ça pour pouvoir prévoir quelque chose.

Annemie : Alors fais-en quelque chose, crée quelque chose avec !

Griet : Fais quelque chose avec ça et ne te laisse pas tomber sur le canapé, parce qu'avant même de t'en rendre compte, ce sera samedi et tu auras presque envie de repenser à lundi. Mais ce vendredi change tout !

Annemie : Je trouve que c'est un très bon conseil, et je l'apprécierais aussi. Ce qui m'arrive, c'est de redouter les lundis. J'imagine donc que le lundi vous paraissait insurmontable ? C'est bien ça ?

Griet : Oui, c'est exact !

Annemie : Que t'est-il arrivé ce week-end ?

Griet : Euh, alors vendredi, j'étais trop fatiguée, j'avais besoin de récupérer. Samedi, c'était ménage, courses, etc. Et dimanche, j'ai commencé à tout annuler. Voir mes amis, par exemple, parce que je me disais : « Je n'ai rien à leur dire. » Est-ce que je vais être à la hauteur ? Est-ce que je vais être à la hauteur ? J'ai tout annulé dimanche pour être prête à retourner au travail. Du coup, pas question de faire quoi que ce soit ce jour-là, aller boire un verre ou manger un morceau.

Annemie : Si je comprends bien, vous dites deux choses ? D'un côté, vous appréhendiez presque la semaine fatigante qui s'annonçait, alors vous avez commencé à économiser votre énergie, mais en même temps, vous avez annulé toutes les activités amusantes car cela devenait presque un fardeau.

Griet : Oui, et j'avais aussi le sentiment que si j'y consacrais de l'énergie, ce serait l'énergie dont j'aurais besoin pour traverser la semaine de travail, car c'était le plus important à ce moment-là.

Et maintenant, avec le recul, je vois que ces choses privées me donnent tellement d'énergie qu'elles m'apportent aussi la tranquillité d'esprit nécessaire pour affronter à nouveau la semaine de travail.

Annemie : Griet, tu nous donnes vraiment plein de précieux conseils, très faciles à mettre en pratique. Commencer son week-end dès le vendredi, chérir ses amitiés, profiter de ce week-end, s'apprécier, être heureuse avec soi-même… Comment en es-tu arrivée à toutes ces idées ?

Griet : Eh bien, ça ne s'est pas fait du jour au lendemain, bien sûr ! Je savais que j'allais faire un mood board...

Annemie : Et c'est quoi ça, un tableau d'inspiration pour toi ?

Griet : Oui, c'est arrivé progressivement. Je savais que j'allais me considérer de manière holistique et analytique. C'était mon objectif. Veiller à ce que mon corps me donne l'énergie nécessaire pour que mon esprit soit également serein ; c'était primordial pour moi. Et tous ces éléments qui nourrissent mon être extérieur, je les ai découverts grâce à cette approche holistique. J'ai commencé à écrire tout cela sur une feuille blanche, et de là, l'aspect visuel a émergé, à travers le soleil, le ciel et la mer. Mes pièges se trouvent dans la mer ; je les ai un peu dissimulés sous du papier crépon, mais ils restent visibles pour que je puisse les repérer et les identifier plus rapidement.

Annemie : En fait, tu as été ta propre thérapeute.

Griet : Oui, en effet.

Annemie : Et d'une certaine manière, c'est toujours le cas ; cela montre que tu as trouvé beaucoup de sagesse et de force en toi.

Griet : Pour moi, la question essentielle était : comment récupérer mon énergie ? Où se situait ma source de gaspillage, et comment la trouver ? Pour moi-même et dans mon environnement. Une fois que vous connaissez vos contraires, vous pouvez commencer à structurer votre fonctionnement. La manière dont vous visualisez cela importe peu.

Ce que je veux dire, c'est que toutes ces femmes fortes

qui gèrent la situation aujourd'hui, il est normal d'être vulnérable.

dire qu'il est acceptable d'investir dans ce qui compte vraiment, et ce n'est pas le cas

Ce que je fais aujourd'hui, mais surtout pourquoi.

Annemie : Ce mur de béton était là l'an dernier encore. Où en es-tu dans ton processus de guérison, pour te relever et t'aimer à nouveau ?

Griet : C'est encore bien trop tôt pour le dire ! Je me fixe 70 % pour l'instant. Il y a aussi des jours à 60 %, mais je suis sûre que je ne retomberai pas à 40 %.

Annemie : C'est plutôt rassurant de le savoir.

Griet : Oui, mais j'ai eu la chance d'être bien entourée. Et je pense que c'est très important, car l'autoformation est tout à fait valable, puisque je savais exactement où je voulais aller. Je savais déjà à quoi Griet devait ressembler.

Annemie : Ce dont je me souviens, Griet, c'est que tu es dans Vous avez puisé en vous une force immense pour sortir de cette vallée, mais en même temps, vous étiez vous-même votre plus grand obstacle. Et c'est quelque chose de très Doublement. Tu as été trop dur envers toi-même, et d'un autre côté, tu as Tu as aussi retrouvé ta force intérieure. Je trouve ça très courageux de ta part. que vous soyez vous-même parvenu à cette compréhension et que vous la transmettiez également.

Griet : Oui, et je vois aussi ça comme une façon de s'accepter comme son meilleur ami. Côte à côte. S'aimer et s'accompagner vers l'avenir, côte à côte. Ne pas renier son identité, respecter ses valeurs et ses principes, et vraiment essayer de suivre son intuition. Parce qu'on ne se ment pas à soi-même.

Et cela a été difficile, c'est certain, mais je sais que je dois maintenant suivre le bon chemin.

Annemie : Et tu viens de dire : se voir comme son meilleur ami, c'est vraiment une excellente idée. Super, Griet, merci.

Griet : Merci, Annemie.